«Avec le PTB, on assiste à une politisation de l’élan solidaire»

Interview pour Le Soir, parue le 16 juillet 2021. Propos recueillis par Charlotte Hutin.

Les déclarations et marques de soutien des politiques à l’égard des sinistrés ne se sont pas fait attendre. Si la plupart sont passées inaperçues, une publication du PTB a suscité pas mal de remous sur la toile. « Soutenez les victimes. Faites un don sur le compte du fonds de soutien du PTB. » Sur les réseaux sociaux, de nombreux citoyens déplorent ce qu’ils qualifient de « récupération politique ». Professeur en communication politique à l’Ihecs et à Sciences Po Paris, Nicolas Baygert décortique pour nous cette publication.

Un appel aux dons avec renvoi direct sur le compte du parti, est-ce habituel ?

En cas de crise, il est fréquent que les partis politiques reprennent des informations publiques, tels que le numéro des secours, les dernières mesures covid en vigueur, en y ajoutant le logo du parti. Ici, c’est quand même particulier. Le PTB se présente comme un intermédiaire, un centre de dispatching alternatif aux autorités publiques. On assiste véritablement à une politisation de l’élan solidaire.

Doit-on y voir un geste purement innocent ?

Il ne faut jamais oublier qu’il y a un effort de communication politique derrière. En communiquant sur tous ses réseaux, en ajoutant des photos de son action de terrain, le PTB rend visible son engagement de terrain. En moins de 24 heures, des vidéos apparaissent déjà sur les réseaux. Elles ont même été sponsorisées. Tout ça a été réfléchi avec un savoir-faire et une efficacité dans l’action et dans la communication. « Regardez, le PTB a les mains dans le cambouis. » C’est comme si le parti venait au secours de la population.

Peut-on dire que ce procédé est typique des extrêmes ?

La politisation de la solidarité a une histoire ancienne. Certaines formations communistes et d’extrêmes droites l’ont déjà utilisé par le passé. Elles ont pris le relais et se sont imposées en lieu et place de l’État. Ça s’inscrit dans un modèle de rupture typique des extrêmes. Il y a une volonté d’autonomie organisationnelle. Le PTB ambitionne d’une certaine manière de concurrencer l’Etat dans l’exercice du monopole de la solidarité légitime. La solidarité s’inscrit d’ailleurs dans tout le discours de l’extrême gauche. Elle veut montrer qu’elle a cette valeur ajoutée par rapport aux autres partis politiques qui sont plus dans le débat que dans l’action.

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