« Réseaux sociaux, attention aux dérapages »

Interview (par téléphone) pour L’Avenir – propos recueillis par Jean-Michel Bodelet

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Nicolas Baygert, vous être expert en communication à l’UCL, quelle est votre analyse face à la présence des politiques sur facebook ou tweeter?

Depuis longtemps, les politiques ont compris l’intérêt des réseaux sociaux. Dans un premier temps, on les retrouvait sur Twitter. Là, ils pouvaient se constituer un réseau notamment avec des journalistes et des personnes influentes en termes de tweets. Ils avaient laissé de côté facebook qui était d’avantage «populaire» avant de s’y retrouver. L’investissement des politiques sur la toile ne se fait cependant pas de la même manière. Soit il y a un investissement personnel où l’élu ou le candidat se charge réellement de ses posts, soit il confie cette mission à un collaborateur. Là, on se rend compte qu’il y a plus de communication de «parti» qu’une communication personnelle. Par ailleurs, certains partis, comme la N-VA en Flandre, ont acheté des espaces publicitaires sur Facebook, Google ou YouTube.

Existe-t-il un risque pour le politique d’être présent sur ces réseaux sociaux?

Oui. Je pense qu’ils sont de deux ordres. Le premier est celui du dérapage. On l’a récemment vu avec le tweet de Fadila Laanan. La dimension virale d’un tel post, où il est partagé par d’autres internautes, fait effet boule de neige. Le second risque lui est celui d’une forme de «supercherie». L’internaute est vigilant. Et pour lui, il peut être très frustrant de constater que certes un statut sur Facebook est publié avec un «je» mais qu’en fait, il n’y a aucune interaction avec l’homme politique. L’internaute a l’impression alors d’être face à un robot, de parler à un mur lorsque cette discussion, n’a pas lieu.

Certains politiques choisissent de ne pas être sur de tels réseaux. Est-il cependant possible de se passer d’une telle présence?

Oui, certains leaders politiques sont absents de ces réseaux. En règle générale, ces derniers sont déjà médiatisés soit par la presse, par la TV, ils n’ont donc pas réellement besoin de se retrouver sur la toile car ils savent que leurs propos seront repris, évoqués dans des conversations politiques. Cela paraît même sain lorsqu’ils expliquent qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper ou qu’ils n’ont pas la fibre numérique. Cela peut s’avérer être une stratégie. Si cela reste un handicap notamment en termes de communication ou de discussion, il vaut parfois mieux adopter une posture radicale que d’être présent sans l’être authentiquement car cela peut, comme je l’ai souligné, se retourner contre l’homme politique.

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