Une couverture d’une ampleur inédite pour RTL-TVI et la RTBF

« Interview Express » dans l’Echo, paru le 2 avril 2016. Propos recueillis par Jean-François Sacré.

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Que pensez-vous de la couverture des attentats par les chaînes de télévision?

Les médias ont voulu monter qu’ils maîtrisaient la situation, avec envoi d’équipes sur le terrain, multiplication des angles, témoignages, experts… Au point que l’info réelle était souvent remplacée par la mise en scène du dispositif mis en place pour couvrir l’actualité. J’ai ainsi trouvé choquant de voir la publication d’infos et d’images barrées de la mention « exclusif », ce qui venait en surenchère à une crise déjà traumatisante pour le grand public, tout comme les infos présentées au conditionnel qui n’ont fait que renforcer le climat anxiogène.

Donc, les chaînes en ont trop fait?

Certains ont parlé d’hystérisation médiatique, une sorte de branle-bas pour maintenir la population en état d’alerte. Or cette faculté de tenir les gens en haleine comme le font CNN ou BFM TV, c’est un vrai métier avec des formats, des codes, un séquençage des rubriques. En faisant un copier-coller des chaînes d’info en continu, Il y a eu une sorte de fuite en avant des chaînes généralistes qui se sont essoufflées en surjouant le stress.

Que pensez-vous des experts et autres analystes?

Le journaliste ne peut pas tout savoir, il doit alors appeler des spécialistes, des chercheurs, des responsables de cellules de crise, afin de contextualiser les faits, les mettre en perspective. C’est très bien et il y a de vrais experts qui ont une réelle valeur ajoutée. Le problème, c’est quand ils tiennent l’antenne pour combler les vides en répétant d’une manière différente, plus docte, ce que l’on sait déjà en grande partie en donnant à leurs propos un vernis d’expertise. Ils sont alors phagocytés par le dispositif médiatique mis en place et ils perdent en crédibilité.

Et les images fournies par les témoins et les amateurs?

Il y a une volonté compréhensible d’avoir de la nouveauté quand on a épuisé toutes les sources d’images. Mais il y a là une course à l’exclusivité un peu malsaine qui pose question en termes de déontologie: cela amène-t-il quelque chose de neuf si ce n’est une immersion dans l’horreur? On n’est souvent plus dans l’information, mais dans l’émotion, il faut faire vivre l’événement comme si vous y étiez…

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