#ProtestFromHome: La campagne Amnesty que vous pouvez soutenir depuis votre salon

Interview pour La Libre Belgique et La Dernière Heure, parue le 10 décembre 2019. Propos recueillis par Adélie Reginster. 

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Pour Amnesty International, « participer à #ProtestFromHome, c’est aussi fort que de descendre dans la rue ».

Cette année, à l’occasion de la journée internationale des droits humains de ce 10 décembre, Amnesty International donne un coup de neuf à sa traditionnelle vente de bougies. Si les personnes qui soutiennent l’organisation sont, comme chaque année, invitées à allumer et placer leur bougie devant leur fenêtre, Amnesty ajoute une dimension numérique à son action. Chaque personne qui participe à la campagne annuelle est appelée à publier une photo sur les réseaux sociaux, associée au hashtag « ProtestFromHome ». Une nouvelle manière de manifester pour Amnesty International, qui espère faire réagir un maximum de gens via les canaux numériques.

« La bougie est l’élément de notoriété d’Amnesty », explique sa responsable Campagnes et Communication, Valérie Michaux. Seul le département belge francophone de l’association réalise cette vente de bougies et en a vendu 3,7 millions de cierges depuis le lancement de l’action en 1976. Le problème, c’est qu’une grande partie de ces bougies restent dans les armoires de ceux et celles qui les achètent. « Il faut insister sur le fait d’allumer sa bougie. Et en faire une photo, en plus, permet de montrer son attachement aux droits humains », continue Valérie Michaux, qui considère que le hashtag « #ProtestFromHome » est un moyen « aussi fort de se mobiliser que de descendre dans la rue ». Pour ceux qui ne souhaitent pas prendre part à des manifestations dans les rues, Amnesty International aurait visiblement trouvé la solution.

« C’est avant tout une manière de bénéficier de la notoriété de personnalités qui ont déjà une vraie communauté sur les réseaux sociaux », analyse Nicolas Baygert, professeur en communication politique à l’IHECS et à l’ULB, qui a entendu parler de l’action d’Amnesty via Instagram. « Les ONG et administrations ont du mal à toucher un grand public. Le fait d’avoir des ambassadeurs qui jouent le jeu et ‘font campagne’ pour Amnesty est positif pour l’organisation, qui bénéficie ainsi d’un relais auprès de communautés fermées », continue-t-il. Aujourd’hui, l’information et les médias sont consommés à la carte et de manière de plus en plus individualisée. Il y a une segmentation de l’audience, qui suit les influenceurs et crée ainsi des communautés, des « bulles », autour de ces influenceurs, devenus des sortes de community manager auprès de leur public.

« Pour les personnes populaires qui participent à la campagne d’Amnesty en publiant une photo, c’est aussi une valeur ajoutée en termes d’images et d’investissement », ajoute le professeur, « Cela ajoute une sorte de vernis humanitaire au ‘personal branding’ des personnalités et influenceurs qui se joignent au mouvement ».

Si Amnesty Belgique se montre déjà très satisfait de sa campagne « novatrice », l’impact d’une telle démarche ne peut pas encore être réellement évalué. Mais l’organisation devrait gagner en visibilité, et la diffusion de photos par des personnalités populaires devrait permettre de « briser le mur de l’indifférence envers ce type de campagnes », pour reprendre les mots de Nicolas Baygert.

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