Nicolas Baygert: « Filmer [les conseils communaux] devient un impératif démocratique »

Entretien pour Le Soir, paru le 21 juin 2018. Propos recueillis par Maxime Biermé.

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Filmer les conseils communaux, cela va dans le sens de l’histoire ?

Le citoyen a de plus en plus le besoin de pouvoir multiplier les angles, de participer. En ces temps où on parle beaucoup de transparence et de bonne gouvernance, permettre aux gens d’assister, même virtuellement, devient un impératif démocratique.

Y a-t-il un réel intérêt de la part des citoyens ?

À Mons, Georges-Louis Bouchez (MR) avait décidé de faire l’économie des intermédiaires, à savoir les médias, en plaçant son smartphone dans la salle. Cela avait été vu par des milliers de citoyens. On peut donc dire qu’il y a une demande. Cela peut permettre à chacun de se faire un jugement dans un débat politique parfois très tendu dans les communes. On court-circuite les rapports classiques des télévisions locales par exemple qui peuvent parfois apparaître comme suspectes aux yeux de certains citoyens et même d’élus qui remettent en cause leur impartialité.

Quel intérêt pour les mandataires ?

Le mandataire qui utilise son smartphone remplace le journaliste. Il joue la carte de la transparence et critique, dans le même temps, le fait que les médias ne font pas suffisamment leur travail. Il se donne le « beau rôle » du « mandataire enquêteur providentiel ».

Quels sont les désavantages ?

Avoir des politiques qui remplacent les médias est une évolution que l’on observe partout. Se passer de ce filtre pose cependant question. On risque aussi de voir une modification dans les comportements. Désormais, tout pourra être repris par la suite. Certains élus pourraient éprouver un certain malaise à être « épiés » de la sorte. On peut aussi s’attendre à des coups de com’ organisés, vu qu’on sait que tout est filmé. Certains partis pourraient aussi reprendre des séquences et les couper à leur sauce. Cela va en tout cas forcer l’ouverture au débat et réduire les effets nocifs de la particratie.

Pourrait-on encore aller plus loin ?

Il y a des réflexions en cours sur l’interactivité pendant le conseil. Les conseillers communaux pourraient devenir les porte-parole de ceux qui les suivent en ligne, relayer leurs questions, leurs interventions. Les captations et la diffusion en direct sur Facebook permettent au spectateur d’être au plus près de ce qu’il se passe, et pourquoi pas, de participer.

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