Elections 2019: voici les cinq raisons du fiasco des Listes Destexhe

Interview pour La Libre Belgique, publiée le

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Campagne électorale trop tardive, recherche du buzz, déficit en termes de médiatisation et composition hâtive des Listes ont contribué à l’échec des Listes Destexhe. 

Les facteurs pouvant expliquer l’échec des Listes Destexhe, qui ne sont parvenues à rentrer dans aucun parlement, sont multiples. Décryptage en compagnie de Nicolas Baygert, professeur en communication politique à l’ULB et à l’IHECS.

Le premier élément identifié : une campagne électorale trop tardive. « Les Listes Destexhe ont effectué une campagne one shot, avec l’obligation d’établir un capital de notoriété en un temps record. Alain Destexhe a voulu présenter une offre politique qui avait la prétention de se tenir à équidistance du MR et du Parti Populaire (PP), en espérant mordiller sur les parts de marché du MR mais il a échoué », explique notre expert.

Autre élément qui a joué en défaveur des Listes Destexhe : la recherche du buzz. « Alain Destexhe a voulu remettre une série de thématiques qui lui sont chères au cœur du débat publique, comme la question du burkini. Il a également axé sa campagne en expliquant qu’à côté de l’urgence climatique, il y a une urgence migratoire, qui est l’un de ses fonds de commerces. Il a voulu surfer sur une offre de droite décomplexée qui n’existe pas du côté francophone. Mais le problème, c’est qu’il est très compliqué de faire exister une nouvelle marque politique lorsqu’on fait une campagne last minute, même si la notoriété d’Alain Destexhe n’est plus à faire puisqu’il est dans le champ politique depuis plus de 25 ans. Malgré tout, cela n’a pas fonctionné. Le pari était trop risqué. »

Il pointe également des maladresses dans le chef des Listes Destexhe. « La communication politique a été percutante mais avec un côté très amateur. Je pense ici à la vidéo où les colistiers de Destexhe reprennent la chanson de Big Flo et Oli(rapidement supprimée à la demande des deux rappeurs, NdlR). Cela ne contribue pas à crédibiliser le parti… »

Autre élément : le déficit en termes de médiatisation. « Les partis situé à la droite du MR ont en général beaucoup de mal à exister médiatiquement. On le voit notamment avec le PP qui existe depuis dix ans mais qui peine à s’imposer dans les parlements. Concernant les Listes Destexhe, les représentants de ce mouvement n’ont pas été invités sur les plateaux de télévision et les propositions du parti ne se sont pas retrouvées dans les tests électoraux. Cela a débouché sur un manque de visibilité malgré le matraquage de tracts électoraux de ce parti dans les boîtes aux lettres. »

Dernier facteur : la composition hâtive des listes. « Plusieurs transferts ont été réalisés, notamment du MR vers les Listes Destexhe. Mais accueillir une série de déçus d’autres formations n’est pas pour autant gage de compétence et on a pas forcément affaire à des faiseurs de voix puisqu’ils ont échoué ailleurs. Je pense notamment à la députée MR au parlement wallon Patricia Potigny qui a rejoint les Listes Destexhe mais qui a fait un score relativement mauvais. Si la motivation principale de rejoindre ce mouvement est d’obtenir une seconde chance ou un espoir d’accéder à une place éligible, alors nous sommes dans une logique personnelle et carriériste et pas dans la volonté de rejoindre une formation qui prône un programme commun pour l’intérêt général. Ce facteur là a peut-être joué un rôle dans l’échec des Listes Destexhe. »

Nicolas Baygert
Nicolas Baygert © Bortels

 

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