Georges-Louis Bouchez, une image définitivement écornée?

Entretien pour L’avenir.net paru le 2 octobre 2020.

Depuis quelques semaines, le président du MR est sous le feu des critiques. Quelles conséquences, en termes d’image? 

Après cette bourde dans le casting ministériel libéral, l’image de Georges-Louis Bouchez est-elle définitivement écornée? Depuis quelques semaines, son style communicationnel, et notamment ses déclarations dans les médias, a en tout cas eu le don d’agacer les négociateurs de la Vivaldi.

«C’est là qu’il y a eu un couac. Je pense à l’interview que Georges-Louis Bouchez a accordée à la presse flamande, et qui a introduit une rupture de confiance avec les autres négociateurs. Or, en négociation, le plus important est la collégialité, la confiance, explique Nicolas Baygert, professeur de communication politique à l’Ihecs et à Sciences Po (Paris). La parole politique doit être sanctuarisée, car toute annonce intempestive à la presse peut mettre à mal cet équilibre. Je pense que dans la stratégie du président du MR, il y a une logique de communication par l’anticipation: il veut être le premier à annoncer un certain nombre de choses, à anticiper les décisions, à lancer des ballons d’essai. Il veut aussi imposer son cadre d’interprétation, ce qui s’oppose fondamentalement au travail de négociateur, qui demande beaucoup plus d’abnégation et de discrétion dans les échanges. C’est sans doute là que son style est moins adapté au fameux consensus à la belge. »

«Une marque de fabrique»

On peut malgré tout estimer que les errances commencent à s’accumuler, dans le chef de Georges-Louis Bouchez. Alors, peut-il encore redorer son blason? Quelle attitude devrait-il adopter dans les prochains jours? «Je crois qu’il devra surtout expliquer ses choix, notamment en ce qui concerne le casting. Un important travail d’après-vente sera nécessaire.» Il s’agira aussi de faire toute la lumière quant aux couacs et aux problèmes d’organisation qui lui sont reprochés.

Néanmoins, le président réformateur ne devrait pas changer de style. «Cela fait partie de sa marque de fabrique. Et puis, il ne faut pas oublier qu’un certain nombre de sympathisants du MR se retrouvent dans ce type de leadership. On serait très étonné de voir Georges-Louis Bouchez afficher une forme de fausse modestie, qui ne colle pas à son personnage.»

Selon Nicolas Baygert, il n’est d’ailleurs pas le seul à adopter cette stratégie communicationnelle. Le jeune président du sp.a, Conner Rousseau, affiche également un style très assertif. «C’est aussi une personnalité qui est dans le coup de com’, dans le teasing, dans une volonté de rompre avec une communication consensuelle et de provoquer le débat.»

Loin de se limiter à une personnalité, ce style direct est en train de s’imposer en politique. «C’est une des conséquences du rajeunissement du leadership des partis politiques. On est face à des élus qui utilisent beaucoup les réseaux sociaux, qui commentent leur propre action politique. Georges-Louis Bouchez irrite sans doute parce qu’il est le premier à employer ce type de communication, côté francophone. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que nous sommes face à une modification profonde de la communication politique en Belgique, sur le long terme.»

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